Rencontres passées

Lundi 1er octobre 2018 

BRAGUINO

de Clément Cogitore, en présence de Clément Cogitore,, débat animé par Benoît Chantre (ARM)

Clément Cogitore est un artiste plasticien, né en 1983, dont le travail est exposé et projeté dans de nombreux musées et centres d’arts (Parlais de Tokyo, Centre Georges Pomidou, Moma de New York…). Son travail porte sur les rituels, la mémoire collective, la figuration du sacré et la perméabilités des mondes.

« Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées 2 familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche.  Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral. »


Lundi 3 décembre 2018

DESPUES DE LUCIA

de Michel Franco

Séance ARM, animée par Jean-Pierre Dupuy (Université de Stanford)

>>>écouter la conférence de JP Dupuy (20mn)

Lucia est morte dans un accident de voiture il y a six mois ; depuis, son mari Roberto et sa fille Alejandra, tentent de surmonter ce deuil. Afin de prendre un nouveau départ, Roberto décide de s’installer à Mexico. Alejandra se retrouve, nouvelle, dans une classe. Plus jolie, plus brillante, elle est rapidement la cible d’envie et de jalousie de la part de ses camarades. Refusant d’en parler à son père, elle devient une proie, un bouc émissaire. »

Jean-Pierre Dupuy est professeur émérite à l’Ecole Polytechnique, et professeur titulaire à l’université Stanford. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Pour un catastrophisme éclairé (Seuil, 2002) ; La Panique (Les empêcheurs de penser en rond, 2003) ; Petite métaphysique des tsunamis (Seuil, 2005); Retour de Tchernobyl : Journal d’un homme en colère (Seuil, 2006) ; La Marque du sacré (« Champs Flammarion », 2010, Prix Roger Caillois 2011) ; L’Avenir de l’économie. Sortir de l’économystification (Flammarion, 2012) et La Jalousie (Seuil, 2016).


Lundi 23 janvier 2019

TROIS ENTERREMENTS

de Melquiades Estrada

de Tommy Lee Jones

Séance animée par Laurence Devillairs (ICP)

>>écouter la conférence de Laurence Devillairs (20mn)

Cette version contemporaine du western au pays des morts est une (en)quête menée par Pete Perkins pour retrouver l’assassin de son meilleur ami, Melquiades Estrada. Il va offrir à ce meurtrier une magnifique leçon sur la vie des hommes, le sens des valeurs, le respect de la vie.

Laurence Devillairs est normalienne, agrégée et docteur en philosophie. Spécialiste de Descartes et du cartésianisme, elle a publié Descartes, Puf, « Que Sais-Je ? », 2013 ; 100 Citations de Philosophie, Puf, « Que Sais-Je ? », 2015 ; Fénelon, un génie méconnu, Pocket, 2012 ; La Philosophie de l’infini de Fénelon, éd. du Cerf, 2007 ; Descartes et la connaissance de Dieu, Vrin, 2004 ; Descartes, Leibniz et les vérités éternelles, Puf, 1998. Et des ouvrages à destination du grand public : Un bonheur sans mesure, Albin Michel, 2017 ; Guérir la vie, Puf, 2017 ; Brèves de philo, Seuil, 2010.


Lundi 4 février 2019

LE DIABLE PROBABLEMENT

de Robert Bresson

Séance ARM, animée par Jérôme Thélot

« Ce qui m’a poussé à faire cette œuvre, c’est le gâchis qu’on fait de tout. C’est cette civilisation de masse où bientôt l’individu n’existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C’est aussi la stupéfiante indifférence des gens sauf de certains jeunes plus lucides ».

Bresson, 1977.

Jérôme Thélot est professeur de littérature française à l’université de Lyon 3 où il dirige le « Centre d’étude des dynamiques et des frontières littéraires ». Il est notamment l’auteur de Poétique d’Yves Bonnefoy, Droz, 1983 ; Baudelaire : violence et poésie, Gallimard, 1993. Les inventions littéraires de la photographie, PUF, 2003 ; Au commencement était la faim : traité de l’intraitable, Encre marine, 2005 ; Géricault. Le Radeau de la Méduse. Le sublime et son double, Manucius, 2013.

 


Lundi 8 avril 2019

L’Homme qui tua Liberty Valance 

de John Ford

Séance animée par Camille Riquier (ICP)

« Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende. » Cette réplique en forme d’aveu résume l’état d’esprit de John Ford, alors dans le dernier tournant de sa carrière. Mais elle entame à peine le mythe de la conquête de l’Ouest tel qu’il l’a lui-même forgé. Car si le cow-boy Doniphon, aussi vif pour dégainer que malchanceux en amour, tire sa révérence et laisse sa place à Stoddard, le frêle politicien, tous deux auront finalement contribué à briser la loi du plus fort. L’homme qui tua Liberty Valance raconte avec force le long cheminement d’une contrée sauvage vers la démocratie, à travers un triangle amoureux et une série d’affrontements.

Camille Riquier est vice-recteur à la recherche à l’Institut Catholique de Paris, où il enseigne la philosophie. Corédacteur des Annales bergsoniennes, il est membre du comité éditorial de la revue Esprit. Il a publié de nombreux livres et articles, parmi lesquels : Archéologie de Bergson : temps et métaphysique (2009) et Philosophie de Péguy ou les mémoires d’un imbécile (2017). Il est intervenu en 2017 au colloque « Faut-il avoir peur ? René Girard penseur de la violence »

Nous vous proposons également le commentaire de Jean-louis Salasc, à la suite du débat lancé par la conférence de Camille Riquier.

Liberty Valance JL Salasc


Lundi 3 juin 2019 à 18h30

Silence

de Masahiro Shinoda

Séance animée par Bernard Patary

Au XVIIe siècle, deux prêtres jésuites, le père Rodrigues et le père Garrpe, débarquent sur les côtes japonaises. Dans ce pays où la religion chrétienne est interdite et ses fidèles persécutés, les deux missionnaires sont accueillis avec enthousiasme par les croyants, obligés de se cacher pour pratiquer leur foi. Le but des deux Occidentaux est d’aider à réimplanter le christianisme dans le pays, mais également de découvrir la vérité sur leur mentor, le père Ferreira, mystérieusement disparu après sa capture par les autorités cinq ans plus tôt…  .

BANDE ANNONCE ET INTERVENTION DE BERNARD PATARY

Adapté du roman éponyme de Shusaku Endo (également coscénariste sur ce film), Silence  (de 1971) revient sur le conflit culturel provoqué par l’arrivée de missionnaires jésuites dans le Japon du XVIIe siècle.Quarante-cinq ans avant le film de Martin Scorsese, le cinéaste Masahiro Shinoda, figure clé de la Nouvelle Vague japonaise, questionnait déjà la difficile compatibilité entre la nature humaine et l’exigence de la foi.


Bernard Patary, qui animera la séance du 3 juin , est professeur d’histoire géographie au lycée Paul Claudel (Paris). Il a notamment publié aux éditions Karthala « L’institution missionnaire en Asie (XIXe-XXe siècles) », le collège général de Penang : un creuset catholique à l’époque coloniale.

Bibliographie

Pierre Dunoyer, Histoire du catholicisme au Japon ; 1543-1945, Cerf, 2011.

Idem, Shûsaku Endô, Un nouveau Graham Greene au Japon, Cerf 2014.

Nathalie Kouamé, Le christianisme à l’épreuve du Japon médiéval, Paris, Karthala, 2016

Bernard Patary, L’Institution missionnaire en Asie, XIXe-XXe siècles, le collège général de Penang, un creuset catholique à l’époque coloniale, Karthala, Paris, 2016

Idem, « Inculturation », in Dictionnaire des Concepts nomades en Sciences Humaines, tome 2, dir. Olivier Christin, Métailié, Paris, 2016

Hélène Vu Thanh, Devenir Japonais, La mission jésuite au Japon (1549-1614), Paris-Sorbonne, 2016.